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KPI essentiels pour la santé des tokens : liquidité et détenteurs

KPI essentiels pour la santé des tokens : liquidité et détenteurs
Par Aurélie Durant 21 nov. 2025

Quand on investit dans un token, il ne suffit pas de regarder le prix. Un token peut monter en flèche pendant quelques jours, puis s’effondrer sans laisser de trace. Ce qui compte vraiment, c’est sa santé. Et pour mesurer cette santé, deux piliers sont incontournables : la liquidité et la répartition des détenteurs. Sans eux, vous n’avez pas une image réelle de ce que vaut vraiment le projet.

La liquidité : la colonne vertébrale du marché

La liquidité, c’est la capacité d’un token à être acheté ou vendu rapidement sans faire bouger le prix. Imaginez un marché où tout le monde veut vendre, mais personne ne veut acheter. Le prix chute en quelques secondes. C’est ce qu’on appelle une liquidité faible. Les tokens avec une bonne liquidité, eux, se négocient comme des actions sur une bourse traditionnelle : des acheteurs et des vendeurs sont là, prêts à échanger, à des prix stables.

Les trois indicateurs clés pour mesurer la liquidité sont le volume de trading, la profondeur du carnet d’ordres, et l’écart entre le prix d’achat et de vente (bid-ask spread). Le volume, c’est la somme totale de tokens échangés en 24 heures. Mais attention : 22 % des tokens sur les DEX en 2024 affichaient des volumes truqués, créés par des trades fictifs (wash trading). Il faut donc toujours croiser cette donnée avec d’autres.

La profondeur du carnet d’ordres, elle, montre combien d’achats et de ventes sont prêts à se faire à des prix proches du cours actuel. Un token sain doit avoir au moins 1 % de la valeur totale des ordres dans un intervalle de 1 % autour du prix. Pour les gros tokens comme Ethereum ou Bitcoin, cette profondeur peut atteindre plusieurs millions de dollars. Si elle est inférieure à 100 000 $, vous êtes dans un risque élevé de manipulation.

L’écart bid-ask est aussi révélateur. Sur un token bien liquide, il est généralement entre 0,05 % et 0,15 %. Sur un token mal liquide, il peut dépasser 5 %. Cela signifie que si vous voulez vendre, vous perdez 5 % juste en passant votre ordre. C’est un piège pour les petits investisseurs.

Les détenteurs : qui détient vraiment le token ?

Un token peut avoir 100 000 adresses qui le détiennent… mais si 80 % sont concentrées dans 5 portefeuilles, ce n’est pas de la décentralisation, c’est un cartel. La répartition des détenteurs est le meilleur indicateur de la confiance réelle dans un projet.

Le coefficient de Nakamoto mesure combien d’entités doivent se coordonner pour contrôler le réseau. Un score supérieur à 7 est considéré comme sain. Le coefficient de Gini, lui, évalue l’inégalité : un score sous 0,65 indique une répartition relativement équitable. Pour comparaison, Bitcoin a un Gini de 0,85, ce qui est élevé, mais acceptable pour un actif de réserve. En revanche, des tokens communautaires comme Dogecoin affichent un Gini de 0,58 - bien mieux.

Les détenteurs à long terme (LTH) sont les vrais alliés. Ce sont les portefeuilles qui gardent le token plus de 155 jours. Les tokens en bonne santé ont entre 60 % et 75 % de leur offre en main de LTH. Si plus de 40 % sont en main de détenteurs à court terme (STH), le token est vulnérable à une vente massive en cas de panique.

Le nombre d’adresses actives est un autre indicateur clé. Un token comme Uniswap a entre 150 000 et 300 000 adresses actives par semaine. Cela signifie que des milliers de personnes l’utilisent réellement, pas juste pour spéculer. Si ce nombre chute pendant une hausse des prix, c’est un signal d’alerte : les gens vendent, ils ne tiennent pas.

Balançoire symbolisant la répartition des détenteurs : de nombreux petits portefeuilles contre cinq gros whales.

Le flux net vers les échanges : le signe avant-coureur

Le flux net vers les échanges est l’un des indicateurs les plus puissants, et pourtant le moins connu des petits investisseurs. Il mesure la différence entre les tokens qui entrent et ceux qui sortent des échanges (comme Binance ou Coinbase). Quand les gens mettent leurs tokens sur un échange, c’est souvent pour les vendre. Quand ils les retirent, c’est pour les garder.

Les données de Nansen montrent que 78 % des fortes hausses de prix sur deux ans ont été précédées par un flux net sortant des échanges. En clair : si vous voyez que les détenteurs retirent leurs tokens des échanges, c’est un bon signe. C’est le moment où les vrais croyants entrent en jeu. À l’inverse, un afflux massif vers les échanges, surtout après une hausse, est un signal de vente imminente.

En juillet 2024, plusieurs projets ont vu leurs prix chuter de 28 % après que des milliards de dollars de tokens ont été transférés vers les échanges. Les investisseurs institutionnels qui surveillaient ce flux ont pu éviter des pertes massives - ceux qui ne l’ont pas fait, ont perdu jusqu’à 70 % de leurs gains.

Les pièges courants et comment les éviter

Le plus grand piège, c’est de croire que plus il y a de détenteurs, mieux c’est. Non. Il faut distinguer les adresses actives des adresses mortes. Certains projets créent des milliers d’adresses vides pour afficher un chiffre impressionnant. Mais si ces adresses n’ont jamais effectué une transaction, elles ne comptent pas.

Un autre piège : les tokens avec des vestings massifs. Un projet peut afficher 100 000 détenteurs… mais 60 % du token sont bloqués et seront libérés dans 6 mois. C’est une bombe à retardement. Il faut toujours vérifier le calendrier de libération des tokens.

Et puis il y a les wash trades. Des équipes paient des bots pour échanger des tokens entre eux, créant un volume artificiel. Une étude de Chainalysis en octobre 2024 a révélé que 37 % des tokens sur DEX avaient des volumes truqués. Le cas le plus extrême ? Le projet « Midas Protocol », où le volume affiché était 8 300 % plus élevé que le volume réel. Résultat : le token a disparu en deux semaines.

Flux de jetons sortant des échanges vers un réseau décentralisé, illustrant un flux net sortant.

Les outils pour suivre tout ça

Vous n’avez pas besoin d’un budget de 50 000 $ par an pour analyser les tokens. Des outils gratuits comme Etherscan ou Blockchain.com vous donnent la répartition des détenteurs. Mais pour aller plus loin, vous avez besoin de données plus fines.

Les plateformes comme Nansen et Glassnode sont les références. Nansen excelle pour analyser les portefeuilles : il distingue les « smart money » (les investisseurs avertis) des « whales » (les gros spéculateurs). Glassnode, lui, est le leader pour la liquidité : il mesure la profondeur du carnet, la vitesse de circulation des tokens, et les tendances de détention sur plusieurs mois.

Les utilisateurs de Reddit et de TradingView partagent régulièrement leurs analyses. Un trader pro a identifié la hausse d’Arbitrum en début d’année en combinant deux signaux : une hausse des adresses actives + une baisse des flux vers les échanges. Ce n’était pas un coup de chance. C’était une analyse fondée sur des données.

Les normes émergentes et l’avenir

En 2024, les institutions investissent de plus en plus dans les crypto, et elles exigent des données fiables. Selon PwC, 89 % des fonds institutionnels utilisent maintenant des métriques de liquidité et de détenteurs dans leur processus de sélection. La SEC a même exigé, en mars 2024, que les projets révèlent la concentration des 20 premiers détenteurs si leur token est classé comme un titre.

Les normes évoluent. D’ici 2026, Gartner prédit que les bourses exigeront un niveau minimum de profondeur de carnet d’ordres pour lister un token - un seuil qui sera 3 fois plus élevé qu’aujourd’hui. Les projets qui ne s’adaptent pas disparaîtront.

La technologie aide aussi. L’EIP-7702 sur Ethereum, lancé en octobre 2024, permettra de distinguer clairement les transactions humaines des interactions avec des contrats intelligents. Cela réduira les erreurs d’analyse de 65 %. Autrement dit, dans deux ans, il sera presque impossible de tricher sur les métriques de détenteurs.

La vérité est simple : les tokens avec une bonne liquidité et une répartition saine des détenteurs survivent aux tempêtes. Ceux qui ne les ont pas… disparaissent. Le prix est un mirage. La santé, elle, est réelle.

Quels sont les KPI les plus importants pour évaluer la santé d’un token ?

Les trois KPI les plus fiables sont : le flux net sortant des échanges (indique la confiance des détenteurs), le pourcentage de tokens détenus par des détenteurs à long terme (LTH, idéalement 60-75 %), et la profondeur du carnet d’ordres à ±1 % du prix actuel (doit être supérieure à 1 % de la capitalisation). Ces trois indicateurs ensemble donnent une image claire de la solidité réelle du token.

Comment savoir si le volume de trading est truqué ?

Vérifiez si le volume est beaucoup plus élevé que la capitalisation du token - c’est un signe d’alerte. Ensuite, croisez avec les données de Nansen ou Glassnode : ils détectent les wash trades en analysant les adresses qui échangent entre elles. Si un même portefeuille achète et vend en boucle pendant des heures, c’est du trucage. Un volume réel correspond toujours à une activité de marché réelle, pas à des transactions artificielles.

Qu’est-ce qu’un bon coefficient de Gini pour un token ?

Un bon coefficient de Gini est inférieur à 0,65. Cela signifie que la richesse est relativement bien répartie. Un token avec un Gini de 0,8 ou plus est très concentré - ce qui augmente le risque de manipulation. Pour référence, Dogecoin a un Gini de 0,58, ce qui est excellent pour un token de communauté, tandis que Bitcoin est à 0,85, ce qui est acceptable car c’est un actif de réserve, pas une plateforme d’usage.

Pourquoi les détenteurs à long terme sont-ils plus importants que les détenteurs à court terme ?

Les détenteurs à long terme (LTH) croient au projet. Ils ne vendent pas au premier signe de hausse. Ils tiennent même pendant les baisses. Cela crée une base stable. Les détenteurs à court terme (STH), eux, vendent dès qu’ils font un profit, ce qui fait monter et descendre le prix de façon artificielle. Un token avec 70 % de LTH est beaucoup plus résistant aux crises qu’un token avec 70 % de STH.

Faut-il s’inquiéter si un token a beaucoup de « whales » ?

Oui, si plus de 15 % du total des tokens sont détenus par des whales (portefeuilles détenant plus de 1 % du supply). Ces gros détenteurs peuvent déclencher des ventes massives en un seul ordre. C’est ce qui a provoqué la chute de Luna Classic. Un token sain a une base large de petits détenteurs, pas une poignée de géants. Vérifiez toujours la répartition : 100 000 petits portefeuilles, c’est mieux que 10 gros.

Étiquettes: liquidité token détenteurs de crypto KPI tokenomics santé des tokens métriques blockchain
  • novembre 21, 2025
  • Aurélie Durant
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RÉPONSES

Therese Sandfeldt
  • Therese Sandfeldt
  • novembre 26, 2025 AT 07:58

Ce post est une vraie mine d’or 🙌 Je viens de checker mon portefeuille et j’ai vu que 80 % de mes tokens sont en STH… j’ai paniqué et j’ai déplacé tout ça sur mon wallet. Merci !

Maxime Thebault
  • Maxime Thebault
  • novembre 27, 2025 AT 03:38

La profondeur du carnet d’ordres à ±1 %… oui, mais comment tu la calcules vraiment ? J’ai vu des outils qui mentent, genre Etherscan qui affiche des volumes en “eth équivalent” mais qui ignore les swaps multi-hop…

Emmanuel Soh
  • Emmanuel Soh
  • novembre 28, 2025 AT 02:43

Je suis du Cameroun… on a pas accès à Nansen, mais j’utilise BscScan et je compare les adresses avec les transactions de 30 jours. C’est pas parfait, mais ça évite les gros pièges.

Myriam LAROSE
  • Myriam LAROSE
  • novembre 28, 2025 AT 07:19

La santé d’un token… c’est comme la santé d’une relation. Pas besoin de 1000 abonnés, il faut 10 personnes qui te comprennent vraiment. Les LTH, c’est ça.

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