Le sarong femme n’est pas un vêtement venu d’Asie ou d’Océanie seulement. En France, dans certaines régions côtières et insulaires, il a été porté pendant des siècles comme une pièce essentielle du quotidien, pas comme un accessoire de plage, mais comme un habit fonctionnel, élégant et profondément ancré dans la culture locale.
Un vêtement qui vient de la Méditerranée, pas de Bali
Beaucoup pensent que le sarong est une invention indonésienne ou malaisienne. C’est vrai qu’il est très répandu là-bas. Mais en France, il a été adopté très tôt dans les zones méditerranéennes : la Corse, le Languedoc, les Alpes-Maritimes, et même dans certaines parties de la Provence. Là, il s’appelait souvent châle, écharpe large ou voile de drap. Les femmes le portaient autour de la taille pour protéger leurs jambes du froid matinal, ou comme jupe lors des travaux aux champs. Il était fait de laine épaisse en hiver, et de coton fin en été.
À Saint-Tropez, dans les années 1920, les pêcheuses utilisaient un sarong en lin blanc, noué à la taille, pour se déplacer facilement sur les quais mouillés. À Ajaccio, les femmes du marché le portaient enroulé autour des hanches, avec une ceinture en cuir tressé, pour transporter des légumes ou du poisson sans se salir. Ce n’était pas un costume de fête. C’était du travail. Du vrai travail quotidien.
Comment le porter, comme les femmes d’autrefois
Le sarong femme n’est pas une simple étoffe. C’est une technique. Il faut savoir le nouer pour qu’il tienne, sans pinces, sans épingles, sans ceinture. La méthode la plus courante en France méridionale était le nœud de la mer : on pliait le tissu en deux sur la longueur, on l’enroulait autour des hanches, puis on passait un bout sous l’autre et on le tirait pour le serrer. Le surplus tombait en drapé derrière, comme une queue fluide. C’était à la fois pratique et beau.
En Corse, on ajoutait parfois un autre morceau de tissu, plus court, qu’on nouait sur la poitrine pour former une sorte de corsage. Ce système permettait de garder les bras libres pour travailler, tout en restant couverte. Les couleurs étaient sobres : bleu marine, gris clair, beige, ou des rayures fines en rouge et blanc. Pas de motifs florals comme aujourd’hui. Ce n’était pas du décoratif. C’était du durable.
Les tissus et les motifs : ce qui faisait la différence
Le sarong n’était pas acheté en magasin. Il était tissé à la main, souvent par les femmes elles-mêmes, ou commandé à un artisan local. En Provence, on utilisait du lin tissé à la main dans les ateliers de Sault ou de Forcalquier. En Corse, c’était du coton teint avec des racines de garance ou des feuilles de myrte. Les motifs étaient simples : des lignes horizontales, des damiers, ou des bandes de couleur. Chaque village avait sa propre combinaison. À Bonifacio, les sarongs avaient une bande rouge à l’extrémité. À Gruissan, c’était une bande bleue. Ces détails permettaient de reconnaître d’où venait la femme, même à distance.
Le tissu devait résister : au sel, au soleil, aux frottements contre les pierres des chemins. Il fallait qu’il sèche vite. Il fallait qu’il ne se déchire pas en tirant sur un filet de pêche. Ce n’était pas un vêtement de loisir. C’était un outil. Et comme tout bon outil, il était conçu pour durer.
Le déclin et la redécouverte
Après la Seconde Guerre mondiale, les sarongs ont presque disparu. Les femmes ont commencé à porter des pantalons, puis des jupes achetées en grande surface. Les ateliers de tissage local ont fermé. Les jeunes ne savaient plus comment le nouer. Pendant trente ans, le sarong a été oublié. On le voyait seulement dans les musées ou les vieilles photos.
Puis, dans les années 2010, un mouvement lent est né. Des artisans de la Côte Bleue, des couturières de la Drôme, des associations culturelles en Corse ont commencé à redécouvrir les techniques anciennes. Elles ont retrouvé les patrons dans les archives municipales, ont recueilli les témoignages des grand-mères, ont relancé la fabrication locale. Aujourd’hui, on trouve encore des sarongs faits main à Aix-en-Provence, à Sète, ou à Bastia. Ils ne sont pas vendus dans les magasins de tourisme. Ils sont commandés sur des marchés locaux, ou offerts en cadeau lors des fêtes de village.
Le sarong aujourd’hui : un lien avec les racines
Porter un sarong aujourd’hui, en France, ce n’est pas faire du folklore. C’est choisir de reconnecter avec un savoir-faire oublié. C’est dire non au textile jetable. C’est préférer un tissu qui dure dix ans à un pantalon qui se déforme après trois lavages. C’est aussi une forme de résistance culturelle. Quand une femme de 35 ans noue un sarong en lin tissé à la main, elle ne porte pas un vêtement. Elle porte une histoire.
Les jeunes femmes le portent pour les marchés, les fêtes de la Saint-Jean, les randonnées en bord de mer. Elles l’associent à des pulls en laine, à des sandales en cuir, à des chapeaux en paille. Elles ne le cherchent pas comme un accessoire exotique. Elles le cherchent comme un vêtement qui leur ressemble : simple, utile, beau.
Comment en trouver un authentique ?
Si vous voulez un vrai sarong femme d’origine française, ne cherchez pas sur les sites de vente en ligne internationaux. Cherchez dans les marchés artisanaux. Voici où regarder :
- Le marché de la Place des Lices à Saint-Tropez (le dimanche matin)
- La foire artisanale de Sault dans les Alpes-de-Haute-Provence
- Les ateliers de tissage de l’association Corse Tissée à Corte
- Le marché de la Cité de la Mer à Sète (juin à septembre)
Un vrai sarong français coûte entre 60 et 120 euros. Il est fait de coton ou de lin 100 % naturel, teint avec des pigments végétaux, et tissé à la main. Il ne se lave pas à 60°C. Il se lave à la main, à l’eau froide, et on le laisse sécher à l’ombre. Il ne s’effrite pas. Il vieillit bien. Il devient plus doux avec le temps.
Le sarong, c’est plus qu’un tissu
Il n’y a pas de sarong dans les musées nationaux de France. Pourtant, il a été porté par des milliers de femmes. Il n’a pas été inventé par un créateur célèbre. Il n’a pas été mis en avant dans les défilés de mode. Il a été porté par des mères, des pêcheuses, des jardinieres, des marchandes. Il a été lavé, réparé, transmis. Il n’a jamais été à la mode. Il a été nécessaire.
C’est ce qui le rend précieux aujourd’hui. Il ne raconte pas une histoire de luxe. Il raconte une histoire de résilience. De savoir-faire. De lien entre les femmes et la terre. Le sarong femme, c’est la mémoire vivante d’une France que l’on a oubliée. Et c’est aussi une façon simple de la réapprendre, un jour, une étoffe, un nœud à la fois.
Le sarong femme est-il un vêtement traditionnel en France ?
Oui, dans les régions côtières du sud de la France - Corse, Provence, Languedoc, et Alpes-Maritimes - le sarong a été porté quotidiennement par les femmes du XIXe siècle jusqu’aux années 1950. Il n’était pas un accessoire de plage, mais un vêtement de travail, conçu pour la pratique, la durabilité et la protection contre les éléments.
Quelle est la différence entre un sarong français et un sarong asiatique ?
Le sarong asiatique est souvent coloré, imprimé de motifs floraux ou géométriques complexes, et porté comme un vêtement de cérémonie ou de loisir. Le sarong français est sobre, en lin ou coton uni, avec des rayures ou damiers simples. Il est conçu pour le travail, pas pour la photo. Son tissage est artisanal, ses teintures végétales, et sa coupe adaptée à la vie rurale.
Peut-on porter un sarong en ville aujourd’hui ?
Oui, de plus en plus de femmes le portent en ville, surtout dans le sud de la France. Il se marie bien avec un pull en laine, une veste en jean, ou des bottines. Il n’est pas destiné à être un costume de fête, mais un vêtement de tous les jours, élégant et pratique. Il s’adapte à la vie moderne sans renier ses racines.
Où acheter un sarong femme fait main en France ?
Les meilleurs endroits sont les marchés artisanaux locaux : Sault, Saint-Tropez, Sète, Corte. Évitez les sites internationaux qui vendent des sarongs industriels. Recherchez les ateliers qui mentionnent le tissage à la main, les teintures végétales, et la provenance régionale. Un vrai sarong français est fait en France, par des mains locales.
Comment entretenir un sarong en lin ou coton traditionnel ?
Lavez-le à la main avec un savon doux, à l’eau froide ou tiède. Ne le mettez jamais en machine. Évitez la javel et les assouplissants. Séchez-le à l’ombre, à l’air libre. Ne le repassez pas. Il doit garder son aspect naturel, légèrement froissé. Avec le temps, il devient plus doux et plus souple. C’est normal. C’est ce qui le rend unique.

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