RégionTraditions
  • Rituels français
  • Médicaments incompatibles
  • Modes traditionnels
  • Grands festivals

Quel est le bijou préféré des femmes en France ? La vérité derrière le collier de la tradition

Quel est le bijou préféré des femmes en France ? La vérité derrière le collier de la tradition
Par Aurélie Durant 24 févr. 2026

Si vous demandez à une femme française ce qu’elle porte le plus souvent, avec fierté, dans sa vie quotidienne, la réponse ne sera pas un bijou moderne ni un modèle de luxe. Ce n’est pas non plus un simple bracelet en argent. La plupart du temps, c’est un collier - pas n’importe lequel, mais un collier issu d’une tradition locale, transmis de mère en fille, parfois depuis plus d’un siècle.

Le collier breton : bien plus qu’un accessoire

En Bretagne, le collier de femme le plus répandu n’est pas un bijou acheté en boutique. C’est le collier de Kornog, aussi appelé collier de Sainte-Anne. Il se reconnaît à ses trois chaînettes en or ou en argent, souvent ornées d’un pendentif en forme de croix ou de cœur, avec une petite plaque gravée du nom de la famille ou d’un saint protecteur. Ce collier n’est pas porté pour la mode. Il est porté pour se souvenir.

Chaque année, à la fête de Sainte-Anne à Locronan, des centaines de femmes le portent encore. Certaines l’ont reçu à leur communion, d’autres à leur mariage. Il est souvent accompagné d’un petit carnet où l’on note les dates importantes : naissance d’un enfant, décès d’un proche, retour d’un marin. Ce n’est pas un bijou. C’est un journal de vie en métal.

La broche du Sud-Ouest : symbole de résistance et d’identité

En Gasconnie, en Quercy ou dans les Pyrénées, la broche est le bijou le plus précieux. Elle ne sert pas à retenir une écharpe. Elle sert à dire : je suis d’ici. La broche gasconne, appelée broche de Lavedan, est faite d’argent massif, avec des motifs de vigne, de chêne ou de mouton. Elle est souvent plus lourde qu’un simple pendentif - entre 40 et 80 grammes. Et pourtant, les femmes du sud l’attachent à leur chemisier, même en été.

Elle a survécu à la Révolution, à l’industrialisation, et même à la montée des bijoux chinois bon marché. Pourquoi ? Parce qu’elle ne se vend pas. Elle se transmet. Une mère la donne à sa fille à ses 18 ans, avec ces mots : « Si tu la perds, tu perds une part de toi. »

Le ruban de Provence : un bijou qui ne ressemble à aucun autre

En Provence, on ne porte pas de collier en or. On porte un ruban. Un simple ruban de soie, tissé à la main, avec des rayures rouges, bleues et jaunes. Il est noué autour du cou, souvent en double, et porté sous la robe de tous les jours. Il ne coûte pas cher - environ 15 euros - mais il est inoubliable.

Chaque village a sa couleur. À Aix-en-Provence, c’est le rouge dominant. À Saint-Rémy-de-Provence, c’est le bleu profond. À l’occasion des fêtes, les femmes les enfilent toutes en même temps, formant un rideau de couleurs vivantes. Ce n’est pas un bijou en métal. C’est un drapeau personnel. Et chaque ruban a une histoire : celui d’une grand-mère qui l’a porté pendant la guerre, celui d’une tante qui l’a gagné à une foire en 1952.

Femmes d'Occitanie portant des broches de Lavedan en argent massif lors d'une fête villageoise.

Le collier de la Lorraine : l’or des mineurs

En Lorraine, le bijou préféré n’est pas fait d’or pur. Il est fait d’or recyclé. Pendant des décennies, les mineurs de fer de Lorraine offraient à leur épouse un collier fait de l’or de leur première paie. Ce n’était pas un cadeau de luxe. C’était un acte de reconnaissance. Ils vendaient leur bague de fiançailles, leur montre, parfois même leur casque de mineur, pour acheter ce collier.

Le modèle le plus courant est un simple cercle en or, avec une petite boucle en forme de clou. Il symbolise la force du travail, la dignité de la classe ouvrière, et la fierté de la femme qui le porte. Aujourd’hui, on en trouve encore dans les maisons de campagne. Elles ne sont jamais vendues. On les garde, même si l’or a perdu de sa valeur. Parce que la valeur, ici, n’est pas monétaire.

Pourquoi ces bijoux-là, et pas les autres ?

Les bijoux modernes sont beaux. Les bagues de diamant, les montres en or, les colliers de perles - ils ont leur place. Mais ils ne portent pas la même charge. Ceux que les femmes françaises gardent, ce sont ceux qui racontent une histoire. Ceux qui viennent d’un lieu précis. Ceux qui ont été transmis, pas achetés.

Le collier breton ne se trouve pas dans les boutiques de Paris. La broche gasconne n’est pas vendue sur internet. Le ruban provençal n’est pas fabriqué en série. Ils sont faits à la main, dans des ateliers de village, par des artisans qui ont appris le métier de leur grand-père.

Et c’est là que réside leur pouvoir : ils ne sont pas des objets. Ils sont des liens.

Les faux bijoux traditionnels et ce qu’il faut éviter

Depuis dix ans, on voit apparaître des « colliers bretons » en plastique, vendus dans les aires d’autoroute. Des broches gasconnes en laiton doré, fabriquées en Chine. Des rubans provençaux imprimés en numérique. Ils ressemblent à l’original. Mais ils ne portent rien.

Un vrai collier breton pèse au moins 35 grammes. Il est serti à la main. Il a une signature : le nom de l’orfèvre, gravé sur le pendentif. Un vrai ruban provençal est tissé sur un métier à main, avec des fils de soie naturelle. Il a des imperfections. Et c’est ce qui le rend précieux.

Si vous cherchez un bijou traditionnel, ne vous fiez pas à l’apparence. Posez des questions : « Qui l’a fait ? Où ? Depuis combien de temps ? » Si la réponse est vague, c’est un faux. Et un faux ne porte pas de mémoire.

Ruban provençal tissé main noué autour du cou, dans une oliveraie au coucher du soleil.

Comment reconnaître un bijou authentique ?

  • Regardez les joints : un bijou authentique a des soudures fines, presque invisibles.
  • Examinez les motifs : ils sont asymétriques, un peu irréguliers. La machine ne fait pas ça.
  • Cherchez la signature : souvent gravée sur le revers. Même si elle est petite.
  • Demandez le lieu de fabrication : si c’est « fait en France » sans précision, c’est suspect.
  • Observez le poids : les faux sont souvent plus légers. Le vrai argent ou l’or massif a du corps.

Les régions qui gardent vivante cette tradition

Il y a encore des endroits en France où les bijoux traditionnels vivent. Pas comme des musées. Mais comme des objets de tous les jours.

  • Bretagne : Locronan, Quimper, Morlaix - les ateliers de Jean-Marie Le Guen continuent de fabriquer les colliers de Kornog selon les recettes du XIXe siècle.
  • Occitanie : Saint-Girons, Lourdes, Tarbes - les broches de Lavedan sont encore commandées pour les mariages.
  • Provence-Alpes-Côte d’Azur : L’Isle-sur-la-Sorgue, Gordes, Bonnieux - les tisserands de rubans sont encore actifs.
  • Lorraine : Thionville, Longwy, Metz - les anciens ateliers de mineurs ont été transformés en musées vivants, où l’on fabrique encore les colliers en or recyclé.

Ces lieux ne reçoivent pas des touristes en masse. Mais ils reçoivent des femmes - des mères, des filles, des épouses - qui viennent chercher un bijou, pas un souvenir.

Un bijou qui ne se vend pas - mais qui se transmet

Il n’y a pas de prix pour un collier breton authentique. Il y a un montant. Il peut varier entre 300 et 800 euros, selon l’âge et la qualité du métal. Mais il n’est jamais vendu à un étranger sans une explication. On ne vend pas un collier à quelqu’un qui ne comprend pas sa valeur.

On le transmet. À une fille. À une petite-fille. À une amie qui a perdu sa mère. À une jeune femme qui veut se reconnecter à ses racines.

C’est pour cela que le bijou préféré des femmes en France n’est pas le plus cher. Ni le plus brillant. Il est le plus porté. Le plus aimé. Le plus porté par les mains qui l’ont reçu, et non celles qui l’ont acheté.

Quel est le bijou traditionnel français le plus porté par les femmes aujourd’hui ?

Le collier breton, appelé collier de Kornog, est le plus porté. Il est transmis de génération en génération, souvent à l’occasion d’événements familiaux comme les mariages ou les communions. Il n’est pas seulement un accessoire, mais un lien avec l’histoire personnelle et familiale.

Pourquoi les femmes préfèrent-elles les bijoux traditionnels aux bijoux modernes ?

Parce que les bijoux traditionnels racontent une histoire. Ils sont faits à la main, dans des régions spécifiques, et souvent transmis par les familles. Contrairement aux bijoux de luxe, ils ne sont pas achetés pour leur valeur marchande, mais pour leur lien émotionnel et culturel.

Où peut-on trouver des bijoux traditionnels français authentiques ?

Dans les ateliers d’artisans locaux, notamment en Bretagne (Locronan, Quimper), en Occitanie (Saint-Girons), en Provence (L’Isle-sur-la-Sorgue) et en Lorraine (Thionville). Les marchés régionaux, les foires artisanales et les musées vivants sont aussi des sources fiables. Évitez les boutiques touristiques en ville.

Comment savoir si un collier breton est authentique ?

Un collier breton authentique pèse au moins 35 grammes, a des soudures fines, des motifs légèrement irréguliers, et une signature gravée sur le pendentif. Il est fait en argent massif ou or recyclé, et non en alliage ou en métal plaqué. Le fabricant est généralement connu localement, et le prix est souvent supérieur à 300 euros.

Les bijoux traditionnels français sont-ils encore fabriqués aujourd’hui ?

Oui, mais très peu. Seuls une trentaine d’orfèvres et tisserands en France continuent de les produire selon les méthodes traditionnelles. Leur nombre diminue chaque année. Ceux qui les achètent aujourd’hui soutiennent non seulement un artisan, mais une mémoire vivante.

Étiquettes: bijoux traditionnels français collier de femme broche bretonne bijou régional tradition orfèvrerie
  • février 24, 2026
  • Aurélie Durant
  • 0 Commentaires
  • Permalien

Écrire un commentaire

Catégories

  • Musique et Culture (36)
  • Costumes traditionnels français (29)
  • Bijoux traditionnels français (25)
  • Chants folkloriques régionaux (22)
  • Festivals folkloriques en France (20)
  • Culture et Société (8)
  • Technologie & Crypto (6)
  • Cryptomonnaies et Finance (4)
  • Culture et Langue (3)
  • Culture & Loisirs (2)

ARCHIVE

  • février 2026 (24)
  • janvier 2026 (29)
  • décembre 2025 (31)
  • novembre 2025 (33)
  • octobre 2025 (14)
  • septembre 2025 (8)
  • août 2025 (3)
  • juillet 2025 (3)
  • juin 2025 (2)
  • mai 2025 (2)
  • avril 2025 (4)
  • mars 2025 (13)

Menu

  • À propos
  • Conditions d'Utilisation
  • Politique de Confidentialité
  • RGPD
  • Contactez-nous

© 2026. Tous droits réservés.