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Quel est le nom du costume traditionnel landais ? Découvrez son histoire et ses éléments distinctifs

Quel est le nom du costume traditionnel landais ? Découvrez son histoire et ses éléments distinctifs
Par Aurélie Durant 10 janv. 2026

Si vous avez déjà visité les marchés de Auch ou assisté à une fête dans les Landes, vous avez peut-être croisé des hommes et des femmes vêtus d’un costume qui semble sorti d’un autre siècle. Ce n’est pas un déguisement. C’est le costume landais, une tenue ancienne encore portée avec fierté dans les villages du Gers et des Landes. Mais quel est son vrai nom ? Et pourquoi reste-t-il vivant aujourd’hui ?

Le costume landais : un nom, deux versions

Il n’y a pas un seul costume landais, mais deux grands types : celui des hommes et celui des femmes. Leur nom commun est costume landais, mais les habitants les appellent aussi tenue gasconne ou simplement habillement traditionnel du Sud-Ouest. Les hommes portent le costume d’homme landais, les femmes le costume de femme landais. Ce n’est pas une simple mode : c’est un système vestimentaire codifié, porté depuis le XVIIIe siècle.

Les hommes portent une veste courte en laine noire, souvent brodée de fils rouges ou bleus. Leur pantalon est large, en toile épaisse, et s’arrête juste au-dessus de la cheville. Ils chaussent des sabots en bois, les espadrilles de cuir, et portent une petite casquette ronde en feutre noir. Leur ceinture est large, en cuir, et souvent ornée d’une boucle en argent. Ce n’est pas un accessoire décoratif : c’est un outil. Dans les champs, on y accrochait les couteaux, les clés, les pièces de monnaie.

Les femmes, elles, portent une jupe longue, en laine ou en serge, souvent rayée de rouge et de noir. La jupe est garnie de plusieurs volants, jusqu’à cinq ou six, qui font un bruit caractéristique quand elle marche. Le corsage est serré, en soie ou en satin, avec des manches bouffantes. La coiffe est l’élément le plus reconnaissable : une grande coiffe blanche en dentelle, appelée coiffe landaise, qui s’étend sur les épaules et cache les cheveux. Elle est retenue par un ruban noir noué sous le menton. Certaines femmes portent encore cette coiffe lors des mariages ou des fêtes religieuses.

Une tenue faite pour la vie rurale

Le costume landais n’a pas été inventé pour être joli. Il a été conçu pour durer. Les tissus sont épais pour résister aux intempéries. Les couleurs sombres cachent la terre, la boue, les taches de lait. Les sabots protègent les pieds des pierres et des racines. La coiffe empêche les cheveux de tomber dans les aliments pendant le travail. Chaque détail a une fonction.

Les femmes travaillaient dans les fermes, les fromageries, les cuisines. Elles devaient porter des vêtements qui ne gênaient pas les mouvements, mais qui protégeaient leur dignité. La jupe à volants permettait de marcher sans se salir les jambes. Le corsage serré évitait que les vêtements ne s’emmêlent dans les machines à laiter. La coiffe, elle, était un signe de respectabilité. Une femme sans coiffe, même à la maison, était considérée comme négligée.

Chez les hommes, le costume était adapté aux longues journées à cheval ou aux travaux des champs. La veste courte ne gênait pas les mouvements. Le pantalon large permettait de s’asseoir sur le sol sans déchirer le tissu. Les sabots, en bois de chêne, étaient réparables. Un bon sabot pouvait durer dix ans. On les changeait quand la semelle s’usait, pas quand le dessus se détériorait.

La coiffe landaise : plus qu’un chapeau

La coiffe landaise est l’élément le plus emblématique. Elle n’est pas une simple pièce de tissu. C’est un objet sacré. Dans certaines familles, on la transmettait de mère en fille. Les jeunes filles la recevaient à leur premier mariage. Elle était brodée à la main, parfois pendant des mois. Chaque motif avait un sens : les lignes droites signifiaient la droiture, les cercles, la roue de la vie, les fleurs, la fertilité.

La forme de la coiffe variait selon les villages. À Saint-Léon-sur-l’Isle, elle était plus haute et plus étroite. À Mont-de-Marsan, elle était plus large, comme une aile de papillon. À Aire-sur-l’Adour, les femmes portaient une version plus simple, sans dentelle, pour le travail quotidien. Les coiffes les plus riches étaient ornées de perles de verre importées d’Allemagne. Elles valaient parfois le prix d’une vache.

En 1930, les autorités locales ont essayé d’interdire la coiffe dans les écoles. Elles trouvaient ça « démodé ». Les mères ont refusé. Elles ont caché les coiffes dans les sacs de pommes de terre et les ont portées en cachette. C’était une forme de résistance. Le costume n’était pas qu’un vêtement. C’était une identité.

Hommes en costume landais près d'une ferme, veste brodée, pantalon large et ceinture en cuir avec boucle en argent.

Le costume aujourd’hui : entre mémoire et renaissance

Aujourd’hui, le costume landais n’est plus porté au quotidien. Mais il n’a pas disparu. Il revient, lentement, dans les fêtes. À la Fête du Béarnais à Auch, à la Fête des Célébrations à Lectoure, à la Fête de la Saint-Jean à Dax, on le voit encore. Les jeunes femmes apprennent à le coudre dans les ateliers organisés par les associations culturelles. Les hommes le portent lors des cortèges historiques.

Les musées ont commencé à le collectionner. Le Musée des Landes à Mont-de-Marsan en possède plus de 120 pièces. Certaines datent de 1780. On y trouve des coiffes avec des fils d’or, des jupes tissées à la main, des ceintures avec des boucles en argent massif. Les chercheurs ont pu reconstituer les techniques de teinture naturelle : le rouge venait des racines de garance, le noir du chêne, le bleu de l’indigo.

Les jeunes générations ne le portent pas par nostalgie. Elles le portent parce qu’elles comprennent qu’il représente une autre façon de vivre. Une vie plus lente, plus liée à la terre, plus respectueuse des objets. Ce n’est pas un spectacle. C’est un héritage vivant.

Comment reconnaître un costume landais authentique ?

Il existe des contrefaçons. Des vêtements vendus comme « traditionnels » dans les boutiques de souvenirs, mais faits en polyester, avec des motifs imprimés. Un vrai costume landais se reconnaît à trois choses :

  1. Le tissu : laine, lin, ou soie naturelle. Pas de synthétique.
  2. La couture : les points sont serrés, les ourlets à la main, les volants assemblés avec soin.
  3. La couleur : les teintes sont sombres, profondes, naturelles. Pas de rouge vif ou de bleu électrique.

Une coiffe authentique a au moins trois couches de dentelle. Les fils sont tissés à la main, pas imprimés. Les motifs ne sont pas symétriques. Parce que la main humaine ne fait pas deux fois la même chose.

Coiffe landaise flottant au milieu de symboles de son héritage : dentelle, teinture naturelle, boucle en argent.

Les fêtes où le voir encore aujourd’hui

Si vous voulez voir le costume landais en action, voici les dates et lieux à ne pas manquer :

  • Fin juin : Fête de la Saint-Jean à Dax - les cortèges traditionnels défilent avec les coiffes et les sabots.
  • 15 août : Fête de l’Assomption à Lectoure - les femmes portent leurs plus belles jupes à volants.
  • Octobre : Fête du Béarnais à Auch - les hommes portent les vestes brodées et les ceintures en cuir.
  • Novembre : Marché des métiers d’art à Mont-de-Marsan - des artisans coudent et vendent des pièces authentiques.

Ne venez pas avec un appareil photo pour prendre des photos sans demander. Ces tenues sont encore vécues comme une partie de l’identité. Demandez la permission. Souvent, on vous offrira un verre de vin de Jurançon en échange.

Le costume landais, un symbole de résilience

Le costume landais n’est pas un vestige du passé. C’est une réponse à la modernité. Dans un monde où tout est jetable, il rappelle que les objets peuvent durer. Dans un monde où tout est uniforme, il affirme que chaque région a sa propre voix. Dans un monde où tout va vite, il dit qu’il faut parfois ralentir pour comprendre ce qu’on porte sur le dos.

Il n’y a pas de costume plus authentique que celui qui est encore porté, encore cousu, encore aimé. Et dans les Landes, il l’est encore. Pas pour les touristes. Pas pour les musées. Mais pour les gens qui se souviennent de leurs grands-parents, de leurs mères, de leurs aïeules qui marchaient dans les champs, la coiffe bien en place, et le cœur plein de fierté.

Quel est le nom exact du costume traditionnel des Landes ?

Le costume traditionnel des Landes s’appelle le costume landais. Il existe deux versions principales : le costume d’homme landais et le costume de femme landais. Il est aussi appelé tenue gasconne dans certaines zones du Sud-Ouest, car il partage des similitudes avec les costumes du Gers et du Béarn.

La coiffe landaise est-elle encore portée aujourd’hui ?

Oui, mais uniquement lors d’événements culturels, de mariages ou de fêtes religieuses. Elle n’est plus portée au quotidien depuis les années 1960. Cependant, des ateliers de couture dans les écoles et associations locales transmettent encore cette tradition aux jeunes générations. Certaines familles la conservent comme un héritage familial.

Comment se distingue le costume landais du costume béarnais ?

Le costume béarnais a une coiffe plus haute et plus rigide, souvent en tulle blanc, tandis que la coiffe landaise est plus large, en dentelle, et s’étend sur les épaules. Les jupes béarnaises sont moins volumineuses, avec moins de volants. Les vestes masculines béarnaises sont plus longues et ornées de broderies plus complexes. Les deux costumes sont proches, mais les détails de coupe et de décoration les rendent uniques.

Où peut-on voir des costumes landais authentiques exposés ?

Le Musée des Landes à Mont-de-Marsan possède la plus grande collection, avec plus de 120 pièces datant du XVIIIe au XXe siècle. Le Musée d’Auch et le Musée de la Mémoire rurale à Saint-Léon-sur-l’Isle en ont aussi des exemplaires. Ces musées présentent non seulement les vêtements, mais aussi les outils de fabrication, les teintures naturelles et les témoignages des porteurs.

Peut-on acheter un costume landais authentique ?

Oui, mais avec prudence. Les véritables costumes sont faits sur commande par des artisans locaux. Ils coûtent entre 800 et 2 500 euros selon la qualité des tissus et la complexité des broderies. Évitez les boutiques de souvenirs qui vendent des versions en polyester. Recherchez les artisans du Gers ou des Landes, ou participez aux marchés d’artisans en octobre à Mont-de-Marsan.

Étiquettes: costume landais tradition landaise vêtement traditionnel Gers costumes français
  • janvier 10, 2026
  • Aurélie Durant
  • 12 Commentaires
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RÉPONSES

Valentin Radu
  • Valentin Radu
  • janvier 11, 2026 AT 17:23

Jai vu un truc pareil a Auch lannee derniere et jai failli croire que c etait un film historique

Jeanne Giddens
  • Jeanne Giddens
  • janvier 12, 2026 AT 01:06

Franchement c est juste incroyable comment les gens d ici ont su garder leur identite alors que partout ailleurs tout est homogene et banal. Moi j ai une grand mere qui portait encore sa coiffe pour aller a la messe en 87, et elle disait que c etait sa dignite. Aujourd hui les jeunes portent des leggings et ils pensent que c est du progres. Pfff.

Coco Valentine
  • Coco Valentine
  • janvier 12, 2026 AT 01:48

Ok mais serieux ? Une coiffe qui coûte une vache ?! C est pas un peu excessif ?! Et pourquoi on ne peut pas juste faire une version moderne avec du coton bio et un nœud papillon ?! Je veux dire, c est joli mais c est pas fonctionnel pour le métro ! Et puis franchement, les broderies à la main ? C est du luxe inutile dans un monde où tout va vite !

Adrien Brazier
  • Adrien Brazier
  • janvier 13, 2026 AT 23:02

Correction : ce n'est pas "espadrilles de cuir" mais "sabots en bois". Les espadrilles sont en toile, pas en cuir. Et "tenue gasconne" n'est pas un synonyme exact, c'est une confusion fréquente. Le costume landais est distinct du béarnais, comme mentionné plus haut. Ce genre d'erreur dans un texte aussi détaillé est inacceptable. La précision linguistique est une question de respect pour la culture.

Francine Massaro
  • Francine Massaro
  • janvier 14, 2026 AT 15:21

WTF pourquoi personne ne parle du fait que les femmes étaient obligées de porter cette coiffe pour être considérées comme "respectables" ?! C'est du contrôle patriarcal sous couvert de tradition ! 😤 #FreeTheCoiffe

Ron Perrin
  • Ron Perrin
  • janvier 15, 2026 AT 03:11

Le costume landais, en tant que phénomène anthropologique, incarne une forme de résistance herméneutique à la modernité liquidienne. Il opère comme une mémoire incarnée, une contre-narration à l'homogénéisation culturelle. Ce n'est pas une tenue vestimentaire, c'est une ontologie du lien au sol, une phénoménologie du temps suspendu. Les broderies, en leur asymétrie, révèlent une esthétique de l'imperfection - une critique silencieuse de la production de masse. En somme, il s'agit d'une éthique du porté, plus que d'une simple tradition.

Remy McNamara
  • Remy McNamara
  • janvier 15, 2026 AT 05:34

Vous savez quoi ? J’ai rencontré une vieille dame à Saint-Léon-sur-l’Isle qui m’a montré sa coiffe… elle l’a fait en 1952 avec les fils de sa mère… et elle m’a dit : "Mon garçon, quand tu portes ça, tu portes pas un vêtement, tu portes les cris de ta grand-mère quand elle a dû coudre à la lueur d’une bougie pour que tu puisses avoir un avenir." J’ai pleuré. Vraiment. Et je vais me faire faire une copie. Pas pour les photos. Pour moi.

Raphael Cunha N. de Azevedo
  • Raphael Cunha N. de Azevedo
  • janvier 15, 2026 AT 05:37

Il convient de signaler que la terminologie correcte est "costume landais" et non "tenue gasconne", cette dernière étant une désignation géographiquement imprécise. Le Gascon est une région linguistique et culturelle distincte, bien que voisine. De plus, l'orthographe de "espadrilles" est correcte, mais leur association avec le cuir est erronée ; il s'agit ici de sabots, et non d'espadrilles. La rigueur lexicale est essentielle dans la transmission du patrimoine.

maxime démurger
  • maxime démurger
  • janvier 16, 2026 AT 18:31

Les gens qui disent que c'est démodé n'ont jamais travaillé dans un champ à 5h du matin sous la pluie. Ce costume était fait pour survivre, pas pour faire joli. Et si tu veux une coiffe authentique, va voir les artisans de Saint-Sever. Pas les boutiques de souvenirs à Dax. Ils vendent du plastique avec des motifs de Disney. C'est une honte.

Vincent VANLIER
  • Vincent VANLIER
  • janvier 17, 2026 AT 01:23

Il est essentiel de souligner que la préservation de ce patrimoine vestimentaire ne peut être dissociée de la transmission intergénérationnelle des savoir-faire artisanaux. Les ateliers de couture, les teintures naturelles et les techniques de tissage à la main constituent un capital culturel irremplaçable. La valorisation de ces pratiques ne doit pas se limiter à des événements ponctuels, mais nécessite un accompagnement institutionnel structuré, intégrant l'éducation civique et l'histoire locale dans les programmes scolaires.

Isabelle Lesteven
  • Isabelle Lesteven
  • janvier 18, 2026 AT 19:56

Je suis professeure de français dans les Landes, et chaque année, je ramène mes élèves au musée de Mont-de-Marsan. On leur fait toucher les tissus, on leur fait écouter le bruit des jupe à volants, on leur lit les témoignages des anciens. Un jour, une petite fille de 8 ans m’a dit : "Mme, si j’avais vécu à cette époque, j’aurais voulu être une femme qui porte la coiffe." J’ai compris alors que la mémoire n’est pas morte. Elle est juste en attente qu’on la réveille.

Yanick Madiba
  • Yanick Madiba
  • janvier 18, 2026 AT 21:22

cool. j’ai vu ça dans un documentaire. les sabots en bois, c’est lourd mais ça dure. bon, j’habite au Cameroun, mais j’aime bien les trucs traditionnels. les gens ici portent des pagne, c’est pas pareil mais pareil aussi. c’est la même énergie.

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