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Stablecoins FX : Euro, Yen et stablecoins des marchés émergents

Stablecoins FX : Euro, Yen et stablecoins des marchés émergents
Par Aurélie Durant 24 nov. 2025

Les stablecoins ne sont plus seulement une alternative aux cryptomonnaies volatiles. Ils sont en train de redéfinir la manière dont l’argent traverse les frontières. Alors que le dollar reste dominant, des stablecoins liés à l’euro, au yen et aux monnaies des marchés émergents gagnent en poids, offrant une solution rapide, peu coûteuse et stable pour les paiements internationaux. Ce n’est pas une mode. C’est une révolution silencieuse, déjà en cours.

Comment fonctionnent les stablecoins non-USD ?

Un stablecoin, c’est une cryptomonnaie qui garde une valeur fixe en lien avec une monnaie réelle : un euro, un yen, un peso mexicain. Contrairement au Bitcoin ou à l’Ethereum, qui peuvent perdre ou gagner 20 % en une journée, un stablecoin EURC vaut toujours 1 euro. Il n’y a pas de spéculation. Il n’y a que de la stabilité.

La plupart de ces stablecoins sont garantis par des réserves en espèces. Pour chaque EURC en circulation, Circle détient un euro dans une banque européenne régulée. Pour chaque GYEN, GravityX garde un yen dans un compte bloqué au Japon. Cela rend le système simple, mais aussi dépendant de la confiance dans les institutions financières derrière.

Les transactions se font en quelques secondes sur la blockchain. Pas besoin d’intermédiaires comme SWIFT. Pas de délais de 2 à 5 jours. Pas de frais de 5 % pour envoyer de l’argent à la maison. Un transfert de 200 $ depuis le Nigeria vers le Ghana via NGNT coûte 0,1 % - soit 20 cents. Le même transfert via Western Union ou une banque traditionnelle coûte entre 6 et 10 dollars.

L’euro en ligne : EURC, EURS, EURT

Les stablecoins en euro sont les plus avancés après le dollar. EURC, développé par Circle, est le leader avec 3,2 milliards de dollars de capitalisation en octobre 2025. EURS de Stasis et EURT de Tether complètent le trio. Tous sont adossés 1:1 à des réserves en euros détenues dans des banques européennes soumises à la régulation.

Leur principal avantage ? Éviter la conversion USD. Pour une entreprise allemande qui paie un fournisseur espagnol en crypto, envoyer directement des EURC est plus simple, moins cher et plus transparent que d’acheter des USDT, de les convertir en euros, puis d’envoyer l’argent. C’est une économie de temps et de frais sur chaque transaction.

La régulation européenne, avec MiCA, exige des émetteurs des audits mensuels et une transparence totale sur les réserves. Cela ralentit l’innovation, mais rassure les utilisateurs. Les banques françaises et allemandes commencent à intégrer EURC dans leurs systèmes de paiement. Les traders institutionnels en Europe représentent 63 % du volume d’EURC - une preuve que les professionnels y voient une infrastructure fiable.

Le yen numérique : GYEN et JPYC

Le Japon est un des rares pays où les stablecoins sont largement adoptés par les particuliers. GYEN, lancé par GravityX, et JPYC, de Circle, permettent aux Japonais de conserver leur argent en yen sans être exposés aux fluctuations du Bitcoin. Beaucoup utilisent ces stablecoins pour acheter en ligne, payer des services ou même économiser sur des portefeuilles numériques.

Le marché de GYEN atteint 480 millions de dollars, JPYC en dépasse 1,1 milliard. La régulation japonaise est stricte : les émetteurs doivent être enregistrés auprès de l’Autorité des services financiers (FSA) et démontrer une couverture à 100 % des réserves. Cela limite le nombre d’acteurs, mais renforce la confiance.

Le problème ? La liquidité. Pendant les heures de trading à Tokyo, les échanges de GYEN peuvent se tarir. Un trader de 50 000 $ peut subir une dérive de plus de 1,5 % en raison du faible volume. C’est un frein pour les grosses transactions. Mais pour les particuliers qui envoient quelques centaines de dollars, c’est parfait.

Vendeur au marché de Lagos acceptant un paiement NGNT sur smartphone, un migrant envoie de l'argent à sa famille.

Les marchés émergents : BRZ, MXNT, NGNT

Ici, les stablecoins ne sont pas une innovation - c’est une survie.

En Brésil, BRZ (stablecoin lié au real) est utilisé pour payer les courses, les factures, les salaires. Pendant l’inflation galopante, les gens ne veulent plus garder leur argent en real. BRZ, stable et instantané, devient la monnaie de tous les jours. Son capitalisation dépasse 1,4 milliard de dollars, et 78 % de son usage est retail, selon Binance.

au Mexique, MXNT permet aux travailleurs migrants aux États-Unis d’envoyer de l’argent à leur famille sans attendre trois jours. En Nigeria, NGNT est devenu le moyen le plus rapide pour les expatriés de faire parvenir de l’argent à leurs proches. Un utilisateur sur Telegram a écrit : « Plus besoin d’attendre trois jours. Le transfert est instantané. »

En Argentine, où l’inflation annuelle a atteint 289 % en 2025, les stablecoins liés à l’ARS permettent aux gens de conserver une valeur réelle. Même si peu de commerçants les acceptent encore, les utilisateurs les gardent comme une réserve de valeur, comme on gardait autrefois de l’or.

La croissance est fulgurante : les stablecoins des marchés émergents ont augmenté de 210 % en un an. Leur total dépasse 19,2 milliards de dollars - plus que l’euro et le yen combinés. Ce n’est pas une niche. C’est un mouvement de masse.

Comparaison : USD vs non-USD

Le dollar domine. USDT représente 65 % du marché total des stablecoins. USDC, 21 %. Ensemble, ils valent plus de 260 milliards de dollars.

Les non-USD, eux, ne représentent que 8,3 % du marché - mais leur croissance est plus rapide. L’euro (4,5 milliards), le yen (1,6 milliard), et les marchés émergents (19,2 milliards) montrent des dynamiques très différentes.

Comparaison des principaux stablecoins non-USD (octobre 2025)
Stablecoin Monnaie Capitalisation Volume quotidien Nombre d’échanges Principal usage
EURC Euro $3,2 milliards $180 millions 42 Transactions intra-européennes, institutions
GYEN Yen japonais $480 millions $85 millions 28 Épargne, paiements retail au Japon
JPYC Yen japonais $1,1 milliard $140 millions 35 Transactions institutionnelles, échanges
BRZ Real brésilien $1,4 milliard $210 millions 51 Paiements quotidiens, inflation hedging
MXNT Peso mexicain $720 millions $120 millions 39 Envois de fonds depuis les États-Unis
NGNT Naira nigérian $310 millions $90 millions 25 Remises internationales, économie informelle

Les stablecoins USD sont sur des centaines d’échanges. Les autres ? À peine une dizaine. Leur liquidité est faible, leur adoption limitée à des corridors spécifiques. Mais leur impact est profond. Là où les banques échouent, les stablecoins réussissent.

Salle de trading à Berlin avec des dashboards holographiques affichant des transactions EURC et des preuves d'audit régulées.

Problèmes et limites

Il ne faut pas idéaliser. Les stablecoins non-USD ont des faiblesses.

La régulation est inégale. Le Japon exige des audits mensuels. Le Mexique limite les holdings à 500 000 MXN. L’Union européenne impose des réserves à 100 %. Mais en Afrique ou en Amérique latine, les règles sont floues. Certains émetteurs n’ont pas de licence. Certains ne publient pas leurs réserves. C’est un risque.

Les délais de retrait peuvent être longs. Avec EURC, il faut parfois 24 à 48 heures pour convertir en euros bancaires, surtout en période de forte demande. Les petites plateformes n’ont pas de support 24/7. Les utilisateurs doivent attendre des jours pour récupérer leur argent.

Et puis, il y a la dépendance au dollar. Même si vous utilisez un stablecoin en naira, vous devez souvent le convertir en USDT pour l’échanger contre un autre actif. Le dollar reste le pont entre tous les systèmes. La véritable liberté, ce sera quand on pourra passer directement de NGNT à EURC sans passer par le dollar.

Le futur : une finance sans frontières

Les banques centrales surveillent. La BCE prépare un euro numérique pour 2026. Le FMI alerte sur la « dollarisation » accélérée des économies émergentes. Le Federal Reserve admet que les stablecoins pourraient remplacer les transferts SWIFT pour les petits montants.

Les technologies comme Chainlink CCIP permettent déjà d’échanger directement EURC contre BRZ en une transaction. Plus besoin de passer par le dollar. C’est ce qu’on appelle « FX-on-chain » : la monnaie devient une donnée sur la blockchain, pas un papier dans une banque.

Le potentiel ? Des transactions internationales aussi rapides qu’un SMS, à un coût négligeable, pour n’importe qui, n’importe où. Pour les migrants, les petites entreprises, les travailleurs indépendants. Pour les pays où les banques ne servent pas les gens.

Les stablecoins non-USD ne remplaceront pas le dollar. Mais ils créent des alternatives. Des voies parallèles. Des chemins où les gens peuvent garder leur monnaie locale, tout en profitant de la vitesse et de la transparence du numérique.

C’est la finance du XXIe siècle : moins de banques, plus de code. Moins d’intermédiaires, plus d’autonomie. Et pour les populations qui n’ont jamais eu accès à la finance traditionnelle, c’est la première vraie chance.

Quelle est la différence entre un stablecoin en euro et un virement bancaire classique ?

Un virement bancaire classique prend 2 à 5 jours, coûte entre 3 et 5 %, et nécessite des intermédiaires comme SWIFT. Un stablecoin en euro comme EURC se transfère en moins d’une minute, à un coût de 0,05 à 0,15 %, et n’a besoin d’aucun intermédiaire. La transaction est directe, transparente, et traçable sur la blockchain.

Les stablecoins en yen sont-ils sûrs au Japon ?

Oui, à condition qu’ils soient émis par des acteurs régulés comme GravityX (GYEN) ou Circle (JPYC). La FSA japonaise exige une couverture à 100 % des réserves et des audits mensuels. Cela les rend plus sûrs que les cryptomonnaies volatiles, mais moins liquides que les USDT. Pour les particuliers, c’est une bonne option pour éviter les fluctuations.

Pourquoi les stablecoins des marchés émergents sont-ils si populaires ?

Parce qu’ils offrent une alternative à des monnaies en chute libre. En Argentine, au Nigeria ou au Brésil, l’inflation détruit la valeur des monnaies locales. Les stablecoins liés à ces monnaies permettent aux gens de conserver une valeur stable, tout en bénéficiant de la rapidité du numérique. Pour beaucoup, ce n’est pas une option : c’est une nécessité.

Puis-je utiliser un stablecoin en euro pour payer en ligne à l’étranger ?

Oui, si le commerçant accepte les paiements en crypto. De plus en plus de plateformes en Europe acceptent EURC, surtout les sites de e-commerce, les services de streaming, ou les fournisseurs de logiciels. Il suffit d’avoir un portefeuille compatible (comme MetaMask ou Coinbase Wallet) et d’effectuer le paiement en EURC. Vous évitez les frais de conversion en dollar.

Les stablecoins non-USD vont-ils remplacer les banques ?

Pas complètement. Mais ils remplacent déjà certaines fonctions : les transferts internationaux, les paiements transfrontaliers, les réserves de valeur dans les pays instables. Les banques ne disparaîtront pas, mais elles devront s’adapter. Ceux qui ne le font pas risquent de devenir obsolètes pour les transactions rapides et peu coûteuses.

Quel est le meilleur stablecoin pour envoyer de l’argent au Nigeria ?

NGNT est le plus adapté. Il est directement lié au naira, accepté par plusieurs plateformes de transfert au Nigeria, et permet une conversion rapide depuis USDT ou EURC. Les frais sont bas, les délais sont de quelques minutes, et les utilisateurs locaux le préfèrent aux transferts bancaires traditionnels. Pour une personne en Europe ou aux États-Unis, c’est la solution la plus fiable et la plus économique.

Étiquettes: stablecoin euro stablecoin yen stablecoin marchés émergents FX sur blockchain stablecoins non-USD
  • novembre 24, 2025
  • Aurélie Durant
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RÉPONSES

Postcrossing Girl
  • Postcrossing Girl
  • novembre 26, 2025 AT 04:18

C’est fou comment un simple stablecoin peut changer la vie de quelqu’un qui envoie de l’argent à sa famille au Nigeria. J’ai un ami qui vit à Lagos, il utilise NGNT depuis deux ans… il dit que c’est la seule chose qui l’a empêché de perdre tout son argent à cause de l’inflation. ❤️

James Gibson
  • James Gibson
  • novembre 27, 2025 AT 23:59

La transparence réglementaire apportée par MiCA et la FSA japonaise est un modèle à suivre. Les stablecoins non-USD ne peuvent pas se développer durablement sans confiance institutionnelle. L’adoption par les banques européennes est un signal fort : ce n’est plus de la technologie marginale, c’est une infrastructure financière légitime.

Thierry Brunet
  • Thierry Brunet
  • novembre 28, 2025 AT 00:24

Je vois pas pourquoi on parle de révolution quand tout ça repose encore sur des banques et des réserves en euros ou en yen… c’est juste du fiat avec un peu de blockchain pour faire joli. Et puis franchement qui utilise GYEN en dehors des geeks japonais ? Moi je garde mes euros en vrai papier merci bien. Le dollar c’est pas parfait mais il marche. Toute cette histoire c’est du vent

James Perks
  • James Perks
  • novembre 28, 2025 AT 17:36

On ne peut pas ignorer que les stablecoins émergents sont une forme de dollarisation déguisée. Même si vous utilisez NGNT ou BRZ, vous finissez toujours par passer par USDT pour échanger. Ce n’est pas de la souveraineté monétaire, c’est une dépendance plus sophistiquée. Et les régulations locales ? Bien souvent, c’est du vent. Des émetteurs non agréés, des réserves non vérifiées… on joue avec le feu.

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