Quand on parle d’instrument donne le la, l’outil qui fixe la hauteur du son de départ dans une musique collective. Ce n’est pas toujours un piano ou un diapason moderne — dans les campagnes françaises, c’est souvent une vielle à roue ou une flûte traversière qui fixe le ton pour toute une assemblée. C’est ce son initial, précis et profond, qui permet aux chanteurs, aux danseurs et aux autres musiciens de se retrouver ensemble, sans partition, juste avec l’oreille et la mémoire des ancêtres.
Chaque région a son instrument donne le la, celui qui guide les mélodies locales et qui sert de référence dans les bals, les fêtes de village ou les veillées d’hiver. En Bretagne, c’est souvent la bombarde, accompagnée de la binioù, qui fixe la tonalité. En Alsace, la musette ou la flûte à bec donnent le ton pour les danses du carnaval. En Provence, c’est le clarinet ou le tambourin qui entame la mélodie. Ces instruments ne sont pas là pour briller en solo — ils sont les gardiens du son commun. Ils ne sont pas choisis pour leur volume, mais pour leur stabilité, leur chaleur, leur capacité à se fondre dans le groupe tout en le guidant.
Le vielle à roue, l’un des instruments les plus anciens et les plus répandus dans la musique médiévale française, a longtemps été le principal instrument qui donnait le la. Son son continu, presque hypnotique, permettait aux chanteurs de se caler dessus pendant des heures. Aujourd’hui, on le retrouve encore dans les festivals de Lorient, de Pau ou de Quimper, où les jeunes musiciens apprennent à l’écouter, à le suivre, à le respecter. Ce n’est pas un simple outil — c’est un lien vivant entre les générations. Et quand un groupe de musiciens se réunit pour jouer un vieux chant, le premier son qui sort de l’instrument, c’est celui qui décide si la mélodie va vivre ou s’effondrer.
La flûte traversière, souvent associée à la musique classique, mais bien plus ancienne dans les traditions populaires, a elle aussi servi de référence dans les régions du Nord et de l’Est. Même si son origine remonte à la Chine il y a 9 000 ans, c’est en France qu’elle s’est imposée comme l’instrument de la transmission orale. Pas parce qu’elle est la plus belle, mais parce qu’elle est la plus fidèle. Elle ne change pas de ton avec l’humidité, elle ne s’emballe pas avec la chaleur. Elle reste là, calme, juste, prête à donner le la.
Et si vous pensez que tout cela n’existe plus que dans les musées, regardez les festivals de musique folklorique de 2025 : les Voix du Vercors, les groupes de Corse, les danseurs de Bretagne — tous commencent par le même geste. Un instrument sort de son étui. Un son s’élève. Et tout le monde se tait, juste un instant, pour écouter. Parce que ce son, c’est le point de départ de tout. C’est ce qui fait que la tradition ne meurt pas. Elle ne se transmet pas par les livres. Elle se transmet par ce petit son, ce instrument donne le la, qui résonne encore dans les rues, les salles de fête, les étables, les collines.
Vous trouverez ici des articles qui détaillent ces instruments, leurs histoires, leurs sons, et les régions où ils vivent encore. Des témoignages de musiciens, des analyses de morceaux anciens, des guides pour reconnaître les vrais sons des faux. Pas de théorie abstraite. Juste des sons qui ont traversé les siècles, et qui, aujourd’hui encore, disent : ici, on commence par ça.
Le diapason est l'instrument traditionnel qui donne le la pour accorder les musiciens dans les ensembles folkloriques français. Découvrez son rôle, son histoire et pourquoi il reste indispensable malgré les accordeurs électroniques.
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